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L’école publique

Encore une initiative qui vient des Etats-Unis, et de Los Angeles encore. L’association Telic Arts Exchange a pour vocation d’être une plateforme d’accès à l’art contemporain sous toutes ses formes (médias, art, architecture…). Organisateur de performances, d’ateliers et de conférences, elle est aussi à l’origine du projet The Public School, décrit comme une "école sans programme". Ayant fait des émules à New York, Philadelphie, Helsinki, Bruxelles et Paris entre autres, on peut lire sur la version française (hébergée par l’association BétonSalon) : "Pour l’instant, elle fonctionne comme suit : premièrement, des cours sont proposés par le public ("je veux apprendre ceci" ou "je veux enseigner cela"), puis, il est possible de s’inscrire pour les cours ("je tiens aussi à apprendre cela"). Enfin, un comité (groupe de discussion) décide d’organiser certains cours selon les orientations qu’il souhaite donner à l’Ecole Publique."

Au programme récent de cette école ouverte, "Performer le furtif" retient 23 intéressés, quand "Réseaux de partage de savoir" est en cours de planification, mais aussi "Histoire de l’art hors cadre", "Atelier Scenographie-lumière", "Art comtemporain et handicap", et bien d’autres encore (personnellement, je rejoindrais bien le groupe de 7 intéressés par le programme de "Bannissez la Comic sans MS"). En dehors de ces quelques exemples tirés du lot, il faut vraiment aller voir la programmation pour se rendre compte qu’il n’y a pas de limites au partage de la connaissance.

Bref, un modèle, qui dans d’autres thématiques, recoupe les réflexions de la partie formation du projet de coworking, mais aussi d’une forme d’organisation d’un programme d’évènements ouverts.

A bientôt.

Former et se former

Je l’avais déjà évoqué, mais le sujet de la formation mérite que l’on s’y intéresse de plus près. En fait, pour un indépendant et les chefs d’entreprise en général, la formation se résume souvent à de l’auto-formation. Quand on est son propre patron et, à plus forte raison quand on est son seul employé, il est indispensable de rester à la pointe des connaissances de son activité ; d’autre part il s’avère compliqué de trouver du temps pour s’y former. Evidemment une partie du temps de travail est consacré à la veille (technique, technologique, réglementaire, concurrentielle…) mais il souvent difficile de faire plus que le strict nécessaire sans compromettre le travail à livrer.

Dans les entreprises de plus grande taille, la formation est parfois mise en place, mais elle peut-être difficilement accessible pour le télétravailleur.

Pourtant le droit à la formation existe bien pour les indépendants, libéraux et chefs d’entreprise, puisque comme tous, ils cotisent. Ces cotisations sont versées à des OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés), dont certains sont dédiés aux modes de travail indépendant : l’AGEFICE pour les chefs d’entreprise, le FIF-PL pour les libéraux… C’est auprès d’eux que l’on peut obtenir le financement de son parcours de formation.

D’un autre point de vue, beaucoup d’indépendants voudraient développer ou sont sollicités pour exercer ponctuellement une activité de formation. Mais il est difficile de trouver un local pour dispenser la formation quand on travaille chez soi ou dans un petit bureau ; il n’est pas non plus envisageable de se déclarer organisme formateur, indispensable quand les stagiaires veulent bénéficier du financement de quelques heures de formations par an.

En dehors du financement, le manque de formation réside parfois dans la difficulté à trouver une offre qui corresponde aux spécificités du travail indépendant, notamment en terme horaire. Il est presque impensable d’abandonner son activité une semaine entière, voire même quelques jours. En dehors des projets de reconversion ou d’acquisition de diplômes, les besoins en formation recouvrent en général des aspects très pratiques de l’activité professionnelle (acquisition de techniques diverses, pratique de logiciels, cours théoriques, conversation en langue étrangère, …). Il faut pour cela trouver des stages ponctuels, courts et très ciblés. Ceux que sont à même -d’ailleurs- de proposer les indépendants.

Il y a donc un réel intérêt à développer la formation au sein d’un espace de coworking: pour que chacun puisse suivre des formations courtes, sur place, en faisant venir un formateur prêt à délivrer un programme sur mesure et en étant assisté dans sa démarche administrative de financement si besoin. Pour que chacun puisse également dispenser ses connaissances dans un lieu adéquat – et aussi librement que possible – dès lors qu’il a trouvé les participants. L’espace de coworking sert d’"organisme de formation relais" pour l’hébergement physique et administratif de ce type de formation.

Il faut alors que l’espace de coworking soit un lieu qui offre une salle dédiée et faire le nécessaire administratif (déclaration d’activité, bilan pédagogique annuel, comptabilité séparée…). Plus compliqué mais pas impossible. N’hésitez pas à faire part de votre avis sur l’intérêt d’un tel dispositif et de votre expérience dans le domaine de la formation.

A bientôt.